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Chapitre 10 sur 12

12 septembre 2026

Ma dernière année scolaire !

Pas facile à 15 ans !

Moi !

Ma dernière année scolaire, c’était en 5eme, j’avais 15 ans c’etait donc en 1960. Cette classe c’était en fait une transition pour caser ceux qui allaient arrêter leur scolarité.

J’étais de ceux là. J’avais commencé à fumer, oh pas beaucoup, tout juste pour faire le malin et prouver que j’étais un homme.

Le directeur de l’établissement (Mr Dussargue) était stricte et ne voulait pas entendre parler d’élèves qui fumaient, même en dehors de l’école. Un jour il entra dans la classe furieux en m’invectivant devant tous mes camarades. Puis s’adressant à tous, il menaça: « et je sais qu’il y en a d’autres qui fument et qu’ils aient le courage de se dénoncer ! »

Surprise c’est un nommé Faure qui leva la main. Sauf que Faure était le premier de la classe et un élève particulier sérieux. Patratac… le Directeur ne savait plus où se mettre, il nous sermonna mais ne prit aucune sanction.

Mais ce qui me frappa le plus dans cette classe, c’est la cohésion qui régnait entre nous.

Nous avions comme professeurs, lui de géographie et elle d’histoire un jeune couple Mr et Mme Bleriot.

L’épouse était belle comme un cœur et pour des élèves de 15 ans nous n’étions pas insensible à ses charmes.

Notre attitude et c’était bien légitime, n’était pas du goût du mari.

Un jour qu’il prenait son cour, il nous fit part de son indignation face à notre comportement et à titre de sanction, il nous demanda de venir déposer sur son bureau nos classeurs (géographie pour lui et histoire pour elle)

La menace était sérieuse car il nous annonça qu’ils allaient contrôler tous les classeurs et appliquer les punitions à tous ceux qui n’avaient pas fait leur travail.

L’heure était grave… puis, il enchaîna: «si quelqu’un a le courage de s’exprimer, qu’il le fasse, c’est le moment ! »

Je suis le seul à me lever et je parti dans un exposé plein de « sagesse » hum ! Tant et si bien que Mr Bleriot, me dit très sérieux: « eh bien Alain, tu as eu du courage de t’exprimer, aussi tu peux venir récupérer tes classeurs »

J’ai toujours eu cette attitude chevaleresque et je lui ai répondu: non, je vous demande une faveur, j’ai parlé au nom de mes camarades, je vous demande donc de garder mes classeurs mais de rendre les leurs à mes camarades !

Surpris, il accepta de restituer l’ensemble des classeurs et les miens.

De ce jour là, inutile de vous dire que j’avais tous mes camarades dans la poche !

Pendant cette année scolaire je me découvrais une passion pour la peinture. Mon maître était Van Gogh (rien que ça !) je me débrouillais bien d’ailleurs. Lorsque l’année se termina, insouciant, j’en oubliais mes œuvres. Plusieurs années plus tard je décidais de les récupérer. C’est là que le Directeur m’avoua qu’ils s’en était servi de modèle pour montrer aux élèves mon travail.

J’ai toujours chez moi toutes mes peintures.