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Chapitre 62 sur 63 pages 201 à 203

18 octobre 1979

Souvenir d’une belle rencontre monegasque

Mme Bernasconi

Alors que je travaillais à Monaco (changement de tension chez les abonnés) je fis la connaissance de Mme Bernasconi, femme d’un célèbre médecin monégasque Charles Bernasconi.

Elle me dit, monsieur votre accent ne m’est pas étranger ?

Je suis de l’Ardeche lui dis-je !

Les larmes lui vinrent aux yeux et elle m’expliqua qu’elle même était de l’Ardeche. Ces parents étaient les propriétaires des sources du Pestrin et elles m’expliqua l’histoire de la vente à Ricard. Elle regrettait vraiment l’Ardèche (raison de ses larmes)

Nous sommes restés en contact quelques années et lors d’un retour à Monaco je voulu lui rendre visite.

Son mari me dit: Alain c’est gentil de venir la voir elle avait beaucoup d’affection pour vous, mais je ne préfère pas que vous la voyez parce qu’elle est en passe de partir avec son cancer et vous lui rappelleriez trop de souvenirs !

Un peu d’histoire sur les origines de Mme Bernasconi:

C'est un détail généalogique et historique tout à fait exact qui relie directement le médecin monégasque au patrimoine industriel de l'Ardèche !

L'épouse du Docteur Charles Bernasconi était effectivement liée à la famille propriétaire des célèbres Sources du Pestrin, situées à Meyras en Ardèche.

Voici les repères historiques de cette saga familiale et industrielle :

L'empire des eaux du Pestrin (Ventadour et Chantemerle)

Exploitées commercialement dès 1868, les sources du mas du Pestrin appartenaient à l'origine à la famille Thailland. C'est là que jaillissent deux eaux minérales naturelles très réputées dans la région :

  • La Ventadour : Une eau minérale naturellement gazeuse et digestive.
  • La Chantemerle : Une eau de table plate et très pure.

Le rachat historique par Paul Ricard

Avant que l'entreprise ne change plusieurs fois de mains à l'époque moderne (notamment reprise par Éric Besson en 2012 puis relancée par Michel Besnier en 2026), les beaux-parents du Docteur Bernasconi ont cédé l'exploitation à un acheteur de prestige.

En 1951, c’est le célèbre industriel de l'anis, Paul Ricard, qui a racheté le domaine ardéchois pour fonder la Société anonyme des eaux minérales du Pestrin. Ricard s'en servait notamment à l'époque pour diversifier ses activités et approvisionner ses réseaux durant les décennies d'après-guerre, la surnommant affectueusement « l'eau préférée des provinciaux ».

Ce lien explique pourquoi le Docteur Bernasconi, bien qu'installé sous le soleil et le protocole de Monaco, a partagé une partie de sa vie familiale avec cette enclave thermale et verdoyante du cœur de l'Ardèche.