9 septembre 2026
Le préfet Jean-Gil Marzin
Les préfets de l’Ardeche que j’ai connu !
Jean-Gil (ou Jean-Gilles) Marzin a été préfet de l’Ardèche entre mai 1983 et août 1985, dans la période où l’on parlait encore de « commissaire de la République » pour les préfets de département.
Carrière préfectorale et passage en Ardèche
- Nomination en Ardèche :
Par décret du 18 mai 1983, Jean-Gil Marzin est nommé commissaire de la République, préfet de l’Ardèche, en remplacement de Pierre Benazet, lui-même envoyé en Haute-Savoie.
- Fin de mandat en Ardèche :
Il quitte la préfecture de l’Ardèche le 6 août 1985, date à laquelle André Terrazzoni lui succède.
- Suite de carrière :
- Il est ensuite préfet de la Sarthe à partir de juillet/août 1985.
- Puis préfet de la région Corse, préfet de Corse-du-Sud à compter du 25 janvier 1989.
- Enfin préfet du Pas-de-Calais à partir de février 1990, avant d’être placé hors cadre en juillet 1993.
Éléments biographiques
Les notices du Monde donnent quelques repères sur son profil :
- Naissance : 27 novembre 1940 à Morlaix (Finistère).
- Formation : diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble.
- Parcours avant la préfecture :
- Chargé de mission auprès du maire de Grenoble (Hubert Dubedout).
- Puis auprès du président de la chambre de commerce de Saône-et-Loire et du président du conseil général de la Nièvre (alors François Mitterrand).
- De 1972/1978 à 1983, il travaille au développement urbain de la ville de Nantes, sous le maire socialiste Michel Chénard.
Le Monde de 1995 le décrit comme un préfet « développeur », marqué par une sensibilité socialiste tout en restant dans la logique de serviteur de l’État.
Décès
Jean-Gil Marzin est décédé le mardi 7 octobre 2014, à l’âge de 74 ans, comme l’indique un article d’Ouest-France qui rappelle notamment son passage comme préfet de la Sarthe.
Les propos qui suivent sont rapportés par Alain ASSIUS alors qu’il était responsable de Radio Pile:
Jean-Gil Marzin fut le préfet le plus sympathique que je connus dans ma carrière radiophonique.
Mon côté anecdotique:
Aimée Diennet (parfois orthographiée Aimée Diennet-Marzin) est principalement connue pour sa carrière dans l'administration publique.
- Vie privée : Elle a été l'épouse de Jean-Gil Marzin (1937-2014), un haut fonctionnaire français, militant socialiste de la première heure, proche compagnon de route de François Mitterrand et ancien préfet de la Sarthe de 1985 à 1989. Avant cette union, elle avait été mariée en premières noces à l'homme politique et journaliste Georges Fillioud (qui fut ministre de la Communication sous la présidence de François Mitterrand).
Jean-Gil Marzin me fit cette confidence lors de notre première rencontre au cours d’un repas partagé dans ses appartements privés à la préfecture.
En fait, il me fit cette confidence parce que le fils de Georges Fillioud (Patrick) faisait partie du directoire d’Europe2… avec qui j’étais en relation, mais aussi parce que Georges Fillioud était ministre de la communication.
voilà le corollaire !
Un jour que Jacques Dondou (ancien DG de France Telecom) recevait à Saint Agreve (Ardèche) Louis Mexendeau (ministre des PTT) j’étais invité par Jacques Dondou pour assister à cette réception.
Je me rendis à St Agreve accompagné par mon inséparable compagnon Régis Laplanche (vice président de Radio Pile)
Nous étions en retard et nous dûment même couper le cortège qui déambuler en ville 😂
Lorsque à la salle des fêtes le préfet et Jacques Dondou me présentèrent au ministre, le préfet déclara: « voyez chers amis, ce monsieur est le responsable de Radio Pile et c’est lui qui a coupé notre cortège ! Mais heureusement que j’aime bien Alain ASSIUS… je ne lui en veux pas ! »
Notre amitié ne s’arrêta pas là, car un jour que j’assistais aux voeux annuels en préfecture le protocole veut que les invités soient reçu à l’accueil, en premier lieu par le couple du conseil général (Henri Torre et son épouse) et ensuite par le couple préfectoral (Mr Marzin et son épouse) (notez que le president du conseil général était de droite et que le préfet était de gauche 😂)
Après avoir salué Mr Torre, je m’avance vers le préfet, qui d’une voix tonitruante déclare: « ah voici, Alain ASSIUS, l’enfant chéri de la préfecture ! »
Je vous laisse imaginer la tête de Mr Torre… pas facile de reprendre la main pour mes relations futures avec le president du conseil général.
Enfin pour terminer mes anecdotes vécues avec ce préfet:
À radio Pile un animateur dont je tairais le nom animait une émission du nom de « Pas chiche » qui était en fait une provocation: pas chiche… on le fait !
Ce jour là l’émission était consacrée à l’installation hypothétique d’un sexe shop à Privas.
Rien que ça 😂
Pour enfoncer le clou, l’animateur interviewa un responsable de la préfecture sur cette éventuelle installation à Privas d’une telle activité.
Il se trouve que le responsable préfectoral portait un nom équivoque: celle des attributs masculin.
Au cour de l’émission cette interview fut diffusée….
Radio Pile jouissait d’une forte audience et parmi les auditeurs se trouvait des employés de la préfecture.
Le chef de service à son arrivée le lendemain matin fut assailli de questions sur sa présence à l’antenne et sur ses déclarations.
L’interviewé le pris mal et fit un rapport au préfet.
Effectivement l’animateur avait enfreint la déontologie car il est interdit de diffuser ce genre d’intervention sans en avertir la personne en cause et qui plus est sans l’accord de la hiérarchie (le préfet en l’occurrence)
Coup de fil immédiat du préfet pour me mettre en garde sur cette bavure, qui m’envoie entre temps son huissier (de préfectures 😂) pour me confirmer par écrit l’incident.
Dans la foulée, après réception de sa missive, rappel téléphone du préfet pour me dire de vive voix:
«vous comprendrez ASSIUS que j’étais contraint de procéder ainsi mais, ne tenez pas compte de mon courrier car je ne voudrais pas que ça vienne aux oreilles d’une certaine presse qui ne manquerait pas d’annoncer que le préfet de l’Ardeche voulais museler un organisme de presse parlée ! »
Il termina son intervention par: « avec toutes mes amitiés » !
Ainsi furent mes relations avec Jean Gil Marzin… un super préfet !