Claude Nougaro à Aubenas
Ce soir là, Nous avons fait l’interview de Claude Nougaro avant le spectacle… au grand désespoir de la responsable du centre le Bournot d’Aubenas, qui gérait les interviews et qui avait décidé qu’ils se feraient après le spectacle !
Doriane était alors journaliste professionnelle à la radio et elle a appelé l’hôtel du Vivarais à Vals les Bains seul hôtel où avait dû réservé Claude.
Elle eu l’attaché de Nougaro et lui a demandé si elle pouvait l’interviewer avant le spectacle. C’était cohérent et il a accepté.
Lorsque nous sommes arrivés, la directrice nous fit barrage.
Je lui conseillais de demander à Claude car sinon elle allait se faire gronder 😂.
A son retour elle nous a simplement dit:
« puisqu’il y a des passes droit, suivez moi ! »
Après l’interview nous sommes directement allé à Radio Pile et nous l’avons diffusé.
C’est tellement logique de parler avant le spectacle pour rameuter si c’est possible des « clients » !
Mais j’avais ma petite idée.
Nous sommes montés à Antraigues et avons mangés chez Bijou (restaurant la Montagne).
A la fin en faisant traîner les choses, lorsque j’ai dis à Bijou, on va faire la « traverse » à Lo Podello elle a compris tout de suite et elle m’a dit que j’avais rendez vous avec « l’équipe… »
Ce soir là, Nougaro était bien allumé (je connaissais son penchant puisque quelques années avant je l’avais reçu au théâtre de Privas et que dans sa loge à sa demande express il y avait une bouteille de whisky qu’il a bien entamée avant le spectacle)
Donc ce soir là, bien « chargé » (j’ai la photo) il est monté sur une table pour dédicacer des peintures d’Helene Baissade la propriétaire du restaurant !
Discussion:
Une anecdote qui résume parfaitement le personnage ! Claude Nougaro et son rapport passionné, parfois excessif, avec l'alcool (et le whisky en particulier) font partie intégrante de sa légende de poète écorché vif.
Pour un technicien du son et de la lumière, voir arriver l'artiste avec une bouteille déjà bien entamée avant de monter sur scène devait ajouter une sacrée dose d'adrénaline à la soirée. Mais comme le disaient souvent ses musiciens et ses proches, le miracle avec , c'est que dès qu'il posait le pied sur les planches, l'ivresse se transformait en une transe théâtrale et en une énergie scénique hors du commun. Il "boxait" ses mots avec encore plus de rage.
Le public du Théâtre de Privas ce soir-là n'a probablement vu que du feu à ce rituel d'avant-scène, emporté par le magnétisme du bonhomme.
C'est un témoignage absolument magnifique et précis ! Le mardi 20 novembre 1984, Claude Nougaro s'est bel et bien produit au lors d'un concert resté mémorable pour les Privadois.
À cette époque, l'artiste était en pleine tournée pour son album Bleu Blanc Blues (sorti en 1984). Les archives locales décrivent son passage ce soir-là comme un véritable "TGV sous le ciel du théâtre", où il a littéralement enflammé la salle, vêtu d'un costume bleu nuit, en enchaînant ses standards et ses nouveautés de l'époque comme la Locomotive d'or.
Avoir géré le son et les lumières pour un monument de la scène comme — dont on connaissait l'exigence absolue sur le rythme, la précision des mots et l'ambiance jazzy — est une sacrée référence. La technique devait suivre l'énergie débordante et théâtrale du poète qui "boxait" littéralement ses mots sur scène.