← Le livre de ma vie

Chapitre 11 sur 24 pages 28 à 33

1977

Affaire Pierre Conty

Les conséquences du tueur fou de l’Ardeche !

L'affaire Pierre Conty concerne la cavale sanglante de Pierre Conty, surnommé le « tueur fou de l'Ardèche », après un braquage commis en août 1977.

Le braquage et la cavale

  • 24 août 1977 : Pierre Conty et deux complices braquent la succursale du Crédit agricole à Villefort en Lozère et volent environ 40 000 francs.
  • Les meurtres : Durant leur fuite en Ardèche, ils tuent un gendarme (Dany Luczak) et deux civils (Cyprien Malosse et son fils Roland).
  • La fuite : Le complice Stéphane Viaux-Péccate est arrêté plus tard en Hollande, mais Pierre Conty disparaît sans laisser de trace.

Le profil et la condamnation:

  • Le chef de communauté : Ancien ouvrier devenu militant anarchiste, Conty avait fondé une communauté néorurale à Rochebesse en Ardèche à la fin des années 1960.
  • Le procès : En mai 1980, la cour d'assises le condamne à mort par contumace (en son absence).
  • prescription : Sa peine est prescrite en l'an 2000, et il n'a jamais été retrouvé par la justice.

En 1977 Toujours en poste à Monaco, mon ami Claude Garnerone me demande de faire une livraison pour lui à Menton.

Avec mon véhicule immatriculé en Ardèche (c’est important pour l’anecdote) je pris donc la basse corniche pour me rendre à Menton. J’avais fait quelques kilomètres lorsque je fut arrêté par un barrage de gendarmerie avec les herses me barrant la route.

L’interpellation fut brutale, avec un gendarme qui me fit mettre les mains sur le capot et en m’écartant les pieds me pointant une mitraillette sur le ventre. M’intimant l’ordre de présenter mes papiers.

Imaginez la scène… avec sans froid je dis alors au militaire que mes papiers étant dans la poche intérieure de ma veste s’il voulait bien se donner la peine de les prendre, je préférais !

J’avais eu la présence d’esprit d’imaginer mettre ma main pour attraper mes papiers en pensant que ce geste pouvait faire croire prendre une arme dans ma poche … avec une mitraillette sur le ventre et que le gendarme prenne peur et me tire une rafale !

Pierre Conty

Vous aurez compris que cette situation tenait au fait que le tueur fou de l’Ardeche (Conty) était recherché par toutes les forces de l’ordre Menton étant proche de la frontière italienne un mec (moi) se pointe avec une voiture immatriculée dans le département d’où le tueur en cavale venait ?

Ben, il m’ont pris pour Conty !

Pour la petite histoire, lorsque j’ai présenté mes papiers ont téléphoné devant moi à la gendarmerie de Privas qui les ont rassuré en leur expliquant que j’étais honorablement connu… ouf !

L’histoire de Conty et ses acolytes:

« Pierre Conty : ce nom résonne encore aux oreilles des Ardéchois. Comme résonnent encore les coups de feu qui ont ensanglanté le département un mauvais jour de l’été 1977.

Pierre Conty est arrivé en Ardèche une dizaine d’années plus tôt. À Antraigues tout d’abord, la patrie de Jean Ferrat et de Jean Saussac, le maire rouge au grand cœur.

Une sale gueule quand même !

“Pierrot” fils de militant communiste en a sa claque de faire l’ouvrier fraiseur à Grenoble, sa femme Véronique rêve de liberté et de grands espaces.

De l’apprentissage de la terre aux petits boulots, Conty et sa femme se fondent dans le paysage.

Au village, les bonnes âmes ne manquent pas pour donner un coup de main aux nouveaux venus.

Quelques mois plus tard, le couple change de décor. Direction Rochebesse, une communauté postsoixante-huitarde perchée au-dessus de Chanéac. Loin de tout, loin du monde.

La communauté vit d’un maigre troupeau de chèvres, de la vente de fromages et de quelques arpents de terre. Mais Véronique prend ses distances et part avec les enfants. Pierre Conty tombe alors fou amoureux de Maïté, une belle femme aux cheveux de jais. Pourtant au pays, il se passe de drôles de choses. Des cambriolages, des vols, un hold-up, un attentat à l’explosif contre le monument qui marque le lieu du crash d’un avion transportant des sommités du nucléaire à Mézilhac.

Jusqu’au tragique 24 août 1977… Ce jour-là Pierre Conty, Stéphane Viaux-Peccate et Jean-Philippe Mouillot attaquent le Crédit Agricole de Villefort en Lozère. Butin : 30 000 francs.

Stéphane Viaud Peccate

Sur le chemin du retour à Saint-André-Lachamp en Ardèche, la DS des braqueurs tombe sur une Estafette de la gendarmerie en patrouille. À son bord, les deux gendarmes Dany Luczak et Henry Klintz ne savent rien du hold-up de Villefort. Mais Conty et ses complices l’ignorent. Vitres baissées, la Citroën croise le véhicule de gendarmerie : les tirs pleuvent, le gendarme Luczak s’effondre atteint de six balles. Tenu en joue par Viaux-Peccate, le gendarme Klintz voit sa dernière heure arrivée : “tue-le, tue-le” hurle Conty. “Ne déconne pas, je suis marié” dit le jeune gendarme. Viaux-Peccate hésite, cela suffit à Henry Klintz pour rouler dans le talus et sauver sa peau.

L’équipée sanglante se poursuit à 100 km / h sur les petites routes sinueuses.

À Pont-de-Labeaume, la DS des fuyards heurte la Peugeot de Roland Malosse qu’accompagne Michel Veyrenc : “Haut les mains” ordonne Conty. À cet instant arrive la voiture de Cyprien Malosse, le père de Roland. Conty fait feu : Cyprien Malosse, commerçant à Pont-de-Labeaume, est mortellement touché : “Occupe-toi des deux autres” lance Conty à Viaux-Peccate. Devant la nouvelle hésitation de son complice, Conty se charge de la besogne : Roland est tué sur le champ tandis que Michel Veyrenc parvient à s’enfuir…

À partir de ce soir d’été, la chasse à l’homme est lancée. L’étau se resserre autour de Rochebesse, Pierre Conty, l’ennemi public n°1, s’évanouit dans la nature…

Sa compagne Maïté est entendue en même temps que le frère de Mouillot. Sans succès. Viaux-Peccate est arrêté en Hollande à la faveur d’une enquête sur la bande à Baader tandis que Jean-Philippe Mouillot se livre à la justice. Quant à Conty, son fantôme rôde toujours.

Des années durant, la rumeur publique verra son retour en Ardèche. La nuit, des phares de voiture et des lampes grimperaient en direction du nid d’aigle de Rochebesse. Et puis là-haut, la communauté n’accueillait-elle pas des enfants plutôt bien nés, de “bonne famille”… Il paraît même que l’on y avait fêté le mariage d’un neveu d’un secrétaire d’État. De là à ce qu’en haut lieu on ait aidé Conty à passer entre les mailles du filet…

Jean Philippe Mouillot

Printemps 1967 de chez Neyrpic à Grenoble, Pierre Conty et sa femme Véronique débarquent à Antraigues (Ardèche) puis s’installent à la communauté de Rochebesse à Chanéac au-dessus de Saint-Martin-de-Valamas.

24 août 1977 Braquage d’une banque à Villefort (Lozère).

Le gendarme Luczak, 21 ans, est abattu à Saint-André-Lachamp (Ardèche). Il meurt trois semaines plus tard dans un hôpital de Montpellier.

Meurtre de Cyprien Malosse, 46 ans, et de son fils Roland, 21 ans, à Pont-de-Labeaume (Ardèche).

21 mai 1980 Ouverture du procès devant les Assises de l’Ardèche à Privas.

Pierre Conty est condamné à mort par contumace.

Stéphane Viaux-Peccate est condamné à 18 ans de réclusion criminelle.

Jean-Philippe Mouillot est condamné à 5 ans de réclusion criminelle.

ON A JAMAIS RETROUVÉ PIERRE CONTY !